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Une journée (presque) en enfer

Par Romain Francois, le 19 octobre 2021

Le mois de janvier rime souvent avec eau froide, verticale, et beaux sandres. Une pêche difficile et parfois ingrate mais tellement belle.

C’est dans cette optique que nous organisons lors de la saison précédente une petite sortie en barrage. Les renseignements pris auprès des copains sur place sont catastrophiques. L’eau est à 1,8 degrés, et les poissons sont complètement inactifs. C’est 1 ou 2 touches par jour et il ne faut pas les louper. Rajouter à cela un nouveau front froid, de la neige et une belle tempête de vent avec des rafales jusqu’à 60 km/h et vous avez un cocktail parfait pour prendre une belle douille. Ah oui j’oubliais, pour en rajouter un peu plus c’est la pleine lune que je n’apprécie pas vraiment pour le sandre.

Mais rien n’entame notre motivation, et quoi qu’il arrive nous serons sur l’eau ce week-end.

Une lueur d'espoir au coup du matin...

Nous voilà partis et le bateau sera sur l’eau avant le jour. Un petit -7 nous rappelle de bien se couvrir et de ne pas oublier le Thermos avec un bon café chaud. Pour ne pas louper le coup du matin, nous attaquons sur une plage toute proche et on cale le bateau dans 8 mètres environ.

On se partage les taches, et Marco attaquera en linéaire à la recherche de poissons encore en chasse dans peu d’eau.

Pour ça il opte pour un Keitech Fat 4,8 Sight Flash. Une couleur redoutable le matin. Le fat possède une grosse vibration détectable de loin.

Sa canne, une Zenaq Spirado Blackart B3-70 est parfaite pour cette technique.

Quant à moi, j’attaquerais en verticale avec un plus gros leurre aux vibrations plus fines. Le Keitech Easy Shinner 6,5. J’affectionne les leurres imposants pendant ces périodes froides.

Avec un corps plus fin que le fat et des vibrations plus subtiles nous possédons deux armes de choix pour attaquer cette journée.

J’utilise aussi une Zenaq Spirado Blackart mais la B3,5-68. Plus courte et plus rapide, elle est parfaite pour la verticale avec des leurres assez conséquents.

Dix minutes de pêche et je prends ce fameux toc si caractéristique qui fait rêver bons nombres d’entre nous.

Ferrage en règle et le premier sandre est au bateau. Un joli poisson qui réchauffe le cœur mais pas les mains et qui monte encore un peu plus le curseur de l’excitation.

J’avais choisi la couleur Ayu, peut-être la plus connue des pêcheurs de sandres et aussi une des plus régulière.

...Mais la pêche reste difficile

Malheureusement la joie fut de courte durée et la réalité nous rattrapa.

Après 3 h de pêche et quelques centaines de mètres de berges bien exploitées, le résultat est sans appel avec un zéro pointé.

Pourtant, nous ne sommes pas restés figés dans notre pêche, et nous avons fait tourner pas mal de leurres, avec des tailles différentes (de 4 à 8 pouces), des grammages différents (14 à 25 g) et un choix de couleurs du plus naturel au plus flashy.

Sans compter les différentes formes de têtes plombées, de la tête ronde très polyvalente, à la tête sabot quand les sandres ramassent les leurres, et en passant par les têtes effilées pour pêcher plus vite. Mais rien n’y fait.

Notre ami nous avait prévenu, il n’y a pas vraiment de pattern et il faut pêcher et insister pour ne pas louper un pic d’activité qui, s’il a lieu, serait sans doute de courte durée.

Stratégie Gagnante ?

Après une petite collation, on décida de naviguer un peu et de sonder, à la recherche de quelques rassemblements de menus fretins en espérant trouver deux trois sandres actifs.

On trouvera une première concentration avec quelques échos postés derrière mais vraiment plaqués sur le fond. Mais cela ne donna rien.

Le deuxième, légèrement abrité du vent, révéla des échos décollés. On sort la Zenaq Spirado Blackart S2-68, un petit fleuret avec une résonnance incroyable.

On réduit la taille des leurres. Je passe sur un Fat 3,8 et Marco sur un TTSHAD de Bait Breath. Coloris naturel pour tous les deux avec des paillettes car la luminosité est au plus fort de la journée. Le S13 est mon préféré dans cette situation.

Première dérive, et Marco ferre son premier poisson. Un joli petit sandre maillé qui fait vraiment plaisir.

Deuxième dérive en sens inverse et c’est moi cette fois qui prend une cartouche, et nouveau sandre pointe le bout de son nez.
Nous ferons une dizaine de passage et Marco prendra un autre poisson sur une accélération. Finalement ce petit spot aura été rentable vu l’activité du jour et nous aura bien sauvé la pêche.

Le coup du soir en beauté

Il reste 1 h de pêche et on décide de redescendre non loin de la mise à l’eau sur une autre grande plage, en espérant voir quelques poissons monter chasser sur le coup du soir.

Nous mettons tous les deux un Easy Shiner 6.5, couleur naturelle pour moi et flashy pour Marco.

Même configuration que le matin et on place le bateau dans 7 mètres avec une dérive assez rapide pour bien quadriller le spot assez vaste .

Quelques minutes plus tard la touche tant attendue arriva. Je sens que le poisson est plus lourd que ce qu’on a touché jusque-là.

Ma petite S2 absorbe bien les coups de tête et il rentre tranquillement dans l’épuisette.

Il est magnifique, un beau petit pépère qui vient solder une partie de pêche compliquée mais finalement réussie vu la difficulté du moment. Comme quoi, il ne faut jamais rien lâcher et insister jusqu’au bout.

Le Easy Shinner 6,5 est un leurre fantastique à bien des égards et d’une efficacité redoutable dans beaucoup de circonstances et pour tous les carnassiers. Mais il reste surtout une valeur sûre pour la recherche du sandre au cœur de l’hiver.

Le voyage retour fût l’heure du débriefing et on pense déjà à la prochaine sortie. 😉