Skip to content

Chub Mushiiiinvore

Par wayoffi, le 28 octobre 2017

Squalius Cephalus plus connu sous le nom de chevesne, appelé communément cabot ou chub’ pour les intimes, est un poisson blanc vivant dans la plupart des cours d’eau de seconde catégorie de France mais ayant également colonisé pas mal de rivières de première catégorie au grand dam des pêcheurs de salmonidés.

Reconnu par tous comme étant un poisson omnivore c’est-à-dire réputé pour manger pratiquement tout ! Son régime alimentaire va de toutes sortes de vers et larves en passant par des crustacés et mollusques sans oublier toutes variétés de fruits susceptibles de tomber dans l’eau (mûres, prunes, cerises…). Un simple bout de pain peut également le tenter mais il est également capable de se sentir pousser des dents de « carna » en allant taper 2/3 poissons blancs si l’occasion se présente à lui.

En résumé un vrai poisson opportuniste capable de s’adapter à tous types de situation.

Même si son image reste encore un peu « terne » pour certains pêcheurs qui voient ce poisson comme une espèce inutile et juste bonne à donner à manger au chat.

Mais alors pourquoi s’intéresser à un tel fish ?

Tout simplement car on le trouve partout sans trop de difficultés et qu’il est souvent là pour éviter la cuisante douille qui pendait au nez ! De plus sa pêche est la plus « rentable » lors des mois les plus chauds souvent peu propices aux prises régulières de carnassiers comme le sandre ou le brochet.

Alors oui, la pêche du chub est une bonne alternative qui permettra d’affuter ses réflexes lors des pêches à vue d’été.

L’autre avantage de cette pêche c’est qu’on ne part pas surchargé de matériel : en gros un short, une paire de chaussure pour aller dans l’eau, des lunettes polarisantes, un ensemble light et 2/3 leurres suffisent largement !

Bien que pouvant le pêcher de multiples façons, la technique la plus efficace et la plus « fun » reste à mes yeux la pêche à vue avec des LS créatures imitant les nombreux insectes présents à cette période. Pas besoin de s’encombrer de 30 types de leurres, 2 suffisent pour palier à tous types de postes. Il s’agit de 2 modèles d’insecte, tout droit sorti de la firme japonaise Jackson(très célèbre notamment pour ses poissons nageurs  comme l’Artist ou le Kanade ), le Yagoooon et le Mushiiiin.

Une petite présentation s’impose pour ces 2 nouveautés ailées.

Le Mushiiin a été conçu d’après le moule d’une vraie cigale. Du haut de ses quasi 3.5cm, son corps épais et creux lui donne de bonnes qualités de lance et en fait une imitation d’insecte flottante. Les pattes en silicone produisent une action irrésistible lors des phases de « shaking »(action de tremblements) en surface imitant à la perfection les ondes d’un insecte tombé dans l’eau.

Le Yagoooon est censé imiter tous types d’insectes aquatiques. La vraie spécificité de cet imitation est d’être coulante. La descente du Yagoooon vers le fond se produit de façon lente et très naturelle ; de plus les fines jambes en silicone renforcent encore plus l’attrait en rajoutant des vibrations supplémentaires sous l’eau.

Une canne light comme la Benkei 67L ou encore la MSX 64L est vraiment parfaite dans ce style de pêche. Ces 2 cannes là sont d’excellentes lanceuses grâce aux anneaux micro guides et conservent une bonne réserve de puissance permettant de maîtriser de beaux sujets en plein courant.

Un moulinet en taille 2000 avec un ratio élevé viendra parfaire l’ensemble. J’insiste sur le ratio élevé car tout comme pour la truite il est vraiment important de pouvoir rester en contact avec son leurre même lors des dérives en remontant le courant.

Pour en voir testé plusieurs modèles je retiendrai 2 possibilités de tresse pour remplir le moulin : la High Grade en 0.6 PE Varivas ou bien la toute nouvelle Dangan Braid de chez Major Craft également en 0.6.  Ces 2 tresses sont des 4 brins que je trouve personnellement moins sujettes aux perruques à contrecourant lorsque l’on enroule la tresse avec peu de tension que des 8 brins. En plus elles sont généralement moins chères alors ne nous en privons pas !

Un bas de ligne d’une longueur de canne et demie en 5 ou 6lbs (le trout shock leader est juste une petite merveille !) conclut par un hameçon simple taille 4 comme les DS-21B de Vanfook sur lequel on piquera un des 2 insectes par la tête et c’est partiiiii !

Le plus important dans cette pêche est sans aucun doute l’approche et le poser du leurre. Dans 90% des cas si le poisson n’a pas été alerté et si le leurre tombe au bon endroit c’est la touche assurée !

Dans la plupart des cas la touche intervient 1 à 2 secondes après le poser ! Pour une approche réussie il est préférable de bien connaître à l’avance les tenues des poissons. Surtout que les chubs vivent par banc de plusieurs individus et si un seul poisson de la troupe est alerté c’est peine perdue pour les décider à mordre.

Durant la période chaude, les chevesnes aiment stationner à l’ombre des frondaisons. Amateurs de fruits, le dessous des ronces et des figuiers reste très prisé. Les arrivées d’eau où l’oxygène est plus important sont des postes où l’on trouve régulièrement des poissons actifs. Il faut être très prudent et avancer très lentement car ces poissons ont une vue très développée et il arrive très souvent que les gros sujets partent sous nos pieds dans à peine 10cm d’eau.

Le Mushiiiin a ma préférence pour débuter une session. Il est particulièrement efficace lors des journées chaudes souvent en plein après-midi, lorsque les chubs se trouvent à quelques centimètres de la surface guettant toutes chutes accidentelles. Souvent le « plouf » du leurre est rapidement perçu par 2/3 individus et la concurrence alimentaire se charge de faire le reste, gobage assuré ! Un léger tremblement grâce à une action du poignet permet quelquefois de décider un récalcitrant.

Le Yagoooon est lui souvent décisif lorsque les poissons sont légèrement plus bas dans la couche d’eau, par exemple lorsqu’il fait un peu de vent ou après un léger coup de froid. La descente naturelle du Yagoooon fait vraiment la différence sur des poissons éduqués. Niveau animation, je dirai que moins on en fait mieux c’est. Il faut également éviter de brider la descente vers le fond en essayant de pêcher avec un peu de bannière que l’on récupèrera avec le gros ratio du moulinet lors du ferrage.

Niveau coloris, tout fonctionne même si les coloris sombres restent toujours au-dessus du lot. Le plus important est d’arriver à bien distinguer son leurre sur toute la dérive.

La phase la plus critique intervient lorsque le « cabot » se décide à monter sur l’imitation et à gober. Surtout ne pas ferrer trop tôt au risque de lui arracher le leurre de la bouche. Dans le meilleur des cas il faut attendre que le poisson se retourne et commence à redescendre pour ferrer ! Facile à dire, mais il faut avoir les nerfs solides et ne pas stresser…cardiaque s’abstenir. C’est généralement à cet instant précis que des noms d’oiseau peuvent fuser et retentir dans le lit de la rivière.

 

Même si le chevaine ne deviendra jamais un poisson « noble » au même rang que d’autres espèces, il n’en demeure pas moins un fantastique fish à leurrer à la saison chaude. Sa pêche à vue qui s’apparente plus à une véritable traque vous fera passer de très bons moments entre amis et permettra à certains de se faire la main avant d’aller attaquer les bass à vue en wacky.

Essayez et vous y retournerez !