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A la découverte du sandre en verticale

Par Jules Garriou, le 21 avril 2020

Ce matin là, je retrouve mon ami Cédric sur le bord de ma rivière préférée pour une approche particulière, que je ne connais pas vraiment, la verticale. C’est le levé du jour, l’eau et sa brume nous plonge dans une atmosphère tant appréciée par le pêcheur à l’aube, une chose est sûre nous somme prêt à en découdre avec notre partenaire du jour. Depuis plusieurs années cette pêche m’intrigue, une pêche très spécifique, que nous associons le plus souvent au sandre, bien que nous puissions prendre tous les carnassiers avec cette technique, mais aujourd’hui nous somme venu pour le sandre. 

Les conditions sont propices, la rivière est en crue, Cédric m’assure avoir fait de belles pêches quelques jours avant, nous sommes confiants, bien que je sois novice dans cette technique. Nous voilà parti sur l’eau, en direction de spots que mon guide du jour connait bien. La rivière étant en crue nous allons cibler des zones peu profondes car le sandre est un poisson lucifuge, c’est a dire un poisson qui fuie la lumière et dans des conditions de crue, l’eau étant d’un marron chocolat les poissons ne craindront pas la lumière dans peu d’eau comparé à la saison estivale où l’eau est généralement plus claire. De plus comme nous avons un courant assez puissant ce jour là nous cherchons des zones de calme, l’arrivée de ruisseaux ou bien la sortie de bras morts, où les poissons fourrages ne sont pas trop perturbés par le courant puissant et où la nourriture est présente. Nous partons donc avec une stratégie de base, pêcher dans peu d’eau, aux alentours de 5-7 m et si possible dans des clames ou arrivées d’eau. Nous arrivons sur le premier spot, une arrivée d’eau assez calme dans 6m, moteur électrique ok, sondeur ok, maintenant c’est à nous de jouer.  

Pour cette session, j’avais avec moi une canne principale, la Bone Voyage BVC 684MH, une canne assez polyvalentes, pas trop longue et assez puissante pour pouvoir en cas de besoin utiliser des grammages plus forts. Pour ce qui est des leurres, le choix était relativement simple, ma première pensée était de tester la nouvelle taille de l’Easy Shiner en 4,5 pouces dans une nouvelle couleur, le S14. Une fois raccordé à mon bas de ligne Varivas en 10lb, ça y est la pêche commence, pour la première dérive. 

Cédric m’explique maintenant, qu’il faut que je laisse descendre mon leurre, prendre contact avec le fond et le décoller légèrement afin de suivre le fond durant nos dérives. Nous sommes tous les deux à l’avant du bateau, un oeil sur le sondeur, canne basse au ras de l’eau, car le ferrage s’effectuera de bas en haut.  Ni une ni deux voilà mon leurre touche fond je le décolle légèrement et c’est parti, nous entamons la première dérive.

Mon guide du jour me précise deux choses très importantes de cette techniques, la première : il ne faut surtout pas hésiter à reprendre contact avec le fond afin de vérifier que nous somme bien légèrement décollé du fond au cas ou nous passons dans une fosse, le but étant de passer au plus prêt des poissons sur le fond. Le deuxième conseil sera de ne pas hésiter de temps en temps à faire de petites animations  pour déclencher des poissons suiveurs, tatillons et de varier la hauteur de nage de notre leurre, pour tenter de trouver le positionnement des poissons et ainsi de déclencher leur attaque.  Il n’aura pas fallu plus de 5 min pour sentir la première frappe raisonner dans la canne, malheureusement, le poisson ne se sera pas piqué, mais l’essentiel est là, j’ai assimilé les conseils de mon amis, pour essayer de visualiser la configuration et de cette pêche afin de mettre le plus de chance de mon côté.

 

Deux minutes plus tard, je reprends contact avec le fond, je décolle, puis au bout de quelques secondes, je baisse ma canne pour faire évoluer mon leurre plus proche du fond et ce changement de profondeur déclenche une nouvelle touche dans ma canne, cette fois c’est pendu, en quelques minutes de pêche voila déjà deux touches et le premier poisson au bateau, sur mon petit espoir de la session, le Easy Shiner S14. Voila le premier poisson de la session, un poisson en pleine forme, qui fait très plaisir pour ma première expérience en verticale.

 

 

Deux minutes plus tard c’est Cédric qui est pendu à un poisson, avec une fois de plus la même configuration, un leurre proche du fond sur une dérive lente, la session est lancée. Peu à peu les touches s’enchainent, nous n’avons pas changé de leurre souple, il faut dire que le coloris S14 est un bon compromis entre le blanc et le chartreux deux couleurs mythiques pour le sandre.

Nous enchainons les dérives sur ce même secteur, les petits poissons pris lors de nos premières dérives ne sont plus là, les touches sont moins fréquentes mais de plus jolis poissons prennent nos leurres, nous tenons quelque chose. Nous faisons en l’espace d’une heure et demi plus de quinze poissons, beaucoup de petits et pas de poisson trophée mais pour un début, je ne pouvais pas en demander plus.

Une fois avoir poncé le spot, changé de leurre, les touches ne sont plus là, nous décidons de changer de spot. Nous nous dirigeons cette fois ci vers un plateau, avec la même profondeur que le spot précédent, nous réarmons nos cannes de nos leurres fétiches, de mon fameux ES S14 en 4,5 pouces, et c’est parti pour une nouvelle prospection en dérive.

La tension est tombée, nous voilà maintenant dans une zone bien plus calme, l’euphorie n’est plus présente comme sur le spot précédent mais il fallait s’en douter, nous trouvons cependant une bonne dérive ou nous faisons un poisson chacun, deux de plus au compteur. 

Le calme est de nouveau là, nous changeons de grammage de tête plombée, de leurre, mais rien n’y fait et une fois de plus nous décidons de changer de spot, vers un spot avec une arrivée d’eau où les poissons fourrage sont souvent présents. Une fois arrivé sur le spot nous voyons très vite la présence de ces poissons fourrages, c’est de bonne augure. Nous sommes confiants au vu de l’activité sur le sondeur et des contacts de la tresse avec ces bancs de poissons en bon nombre. Toujours le même scénario, une zone calme dans 5-7 m avec cette fois ci un bon nombre de poissons fourrage, c’est reparti. La première touche ne se sera pas faite attendre, nouveau poisson au bateau, malheureusement le dernier pour moi, de cette matinée de pêche très riche en apprentissage. De son côté Cédric fait quelques poissons encore, je l’observe pour voir ce qui ne marche pas avec moi, et une chose me fait tilt, il ne pêchait pas avec le même grammage que moi, car ayant une tresse plus forte que lui, et donc un tirant d’eau plus conséquent, j’avais armé mon leurre d’une tête plombée plus lourde. Le fait de pêcher plus lourd infligeait à mon leurre une vitesse plus grande, moins naturelle et je pense que ce détail aurait fait la différence lors de cette fin de session. Une chose de plus à retenir, nous avons eu la chance grâce à de bonnes conditions de vite localiser les poissons et de trouver un leurre opérationnel, mais des détails comme celui ci peuvent compliquer une session. La pêche du sandre en verticale est donc une pêche qui parait au premier abord assez simple mais qui nécessite de l’adaptation et de la remise en question sans arrêt. C’est cet aspect que j’ai beaucoup apprécié car nous pouvons revenir d’un jour à l’autre avec les même leurres et ne pas faire de poissons si un paramètre non pris en compte à changé, cela nous force à essayer de nouvelles choses pour trouver la technique du jour.

Une chose est sure je vais me souvenir un petit moment de cette session, tant au niveau des frappes ressenties dans la canne, que des remises en questions lors de périodes creuses où nous n’arrivions pas à déclencher de touches.